D’après les Observations de Louis Estadieu, contrôleur des dixièmes, en 1781,  » cette paroisse est située entre le couchant et le midi ; distante d’une lieue de Saint-Flour, quatre de Massiac et environ six lieues d’Allanche. Le chemin de Saint-Flour à Clermont passe à une demie lieue de Mentières. Elle n’est voisine d’aucune rivière considérable.

Le terrain, quoique stérile et sablonneux, y produit assez raisonnablement de seigle et de foin, mais peu de blé de mars ; il y a quelques pacages qui ont été confondus dans la 3e classe des prés ; elle est au bas de la montagne de la Fageolle très renommée pour le froid.
L’industrie des habitants consiste pour les uns à faire le métier de chaudronniers dans différentes provinces, pour les autres à voiturer des vins de la Limagne à Saint-Flour. Ce dernier objet préjudicie beaucoup aux récoltes et ne laisse aucun profit. Il y a 52 feux(1) y compris la maison du seigneur.(2)

Un château semble donc avoir existé dans ce bourg ; il aurait même été le repaire des Tuchins ou  » Tue-chiens » (3) , au XIVe siècle. Notons d’ailleurs qu’une célèbre bataille contre ces pillards eut lieu à Mentières en 1384.  » Peu de jours après, vers le mois de juin, Polignac concentrait la compagnie de Langeac et les autres sur le versant opposé de la Margeride, à Mentières, village situé à six kilomètres de Saint-Flour. Les bandes de pillards descendaient la chaîne, encombrées de leur butin, au retour d’une expédition en Velay. Le Vicomte les attendit au passage. Selon leur habitude en rase campagne, elles résistèrent peu ou pas, au rebours des compagnies anglaises qui ne lâchaient pas pied facilement.

Elles étaient déjà démolarisées, du reste, par les levées de chevalerie. Leur confiance des premiers jours avait disparu. Elles s’enfuirent en désordre, battues  » à dos et à ventre « .[…] Le succès de Mentières eut des conséquences très supérieures à son importance matérielle. Partout, en effet, l’histoire des Tuchins nous montre la population paisible finissant par se lasser de leurs excès et se tournant contre ceux dès qu’ils subissent des revers graves. » (4)

Quelques-uns des noms alentours, comme « Le Pré-de-la-Guerre », à la sortie du village portent encore la trace de cette bataille !


Annotations

1. Terme utilisé dans les documents fiscaux. Il regroupe tous ceux qui vivent à un même foyer.
2. ESQUER (Gabriel),  » La Haute Auvergne à la fin de l’Ancien Régime. Notes de géographie économiques, [tome IV], Maurines, Mentières, Murat, Narnhac, Oradour, Pauliagol et Labessède Paulin, Peyrusse, Pierrefort, La Foraine de Pierrefort, Roffiac, Saint-Amandin « , dans Revue de la Haute Auvergne, VIII, 1906, p. 257 à 258.
3. Bandes de pillards à la recherche de nourriture et de butin, associés à l’image du Tuchin c’est-à-dire à l’homme réduit par une extrême misère à tuer les chiens pour se nourrir.
4. BOUDET (Marcellin), La Jacquerie des Tuchins, 1363-1384, Paris, Champion, 1910.

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